Sobriété numérique : la voie du numérique durable pour la smart city


Le numérique a un impact environnemental croissant, dont la part la plus importante est liée à la fabrication des appareils. Les progrès technologiques en la matière sont contrecarrés par un "effet rebond" : les usages augmentent avec la facilité d'utilisation et la réduction des impacts. Pour inverser la tendance, des politiques publiques de sobriété numérique sont nécessaires.

Sobriété numérique

 

Le numérique est polluant

Le secteur du numérique représentait 3,7 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales en 2018, avec une augmentation de 8 % par an1incompatible avec les objectifs de baisse des émissions nécessaire à limitation à 2 °C du réchauffement climatique.

Au niveau français, le numérique représentait 2,5 % des émissions totales en 2019, principalement du fait de la fabrication et la distribution des terminaux (81 %)2: smartphones, ordinateurs, écrans, capteurs, etc.. En effet, cette fabrication utilise des métaux rares encore peu recyclés, dont l’extraction et le raffinage sont très consommateurs d’énergie fossile et d’eau.

Dans une moindre mesure, les émissions sont aussi provoquées par le stockage massif de données (14 %), notamment en data centers, et par le fonctionnement des réseaux (5 %), nécessaires pour transporter ces données. Ces chiffres sont principalement portés par le développement des usages du streaming3, qui représente 60 % du trafic en France.

 

[Vidéo] Sobriété numérique, 5G, gouvernance : comprendre les tendances smart city en 3 min

 

L’effet rebond : effet pervers du progrès

L’effet rebond est le paradoxe selon lequel les économies liées à la mise en place d’une nouvelle technologie sont partiellement ou totalement perdues par une augmentation des usages, rendus plus faciles et moins directement impactants.

En effet, plus le numérique est économe et facile à utiliser, plus il est utilisé et donc plus son impact augmente. De plus, lorsque les pollutions sont générées hors de nos frontières, les améliorations de notre environnement local nous conduisent à consommer plus puisque les conséquences ne sont pas ressenties directement.

 

Un changement de paradigme indispensable

Sans politique publique de sobriété numérique, les émissions de gaz à effet de serre du numérique en France auront augmenté de 9 % en 2025, et de 60 % en 20402.

A long terme, un nouveau modèle d’innovation frugale doit émerger, avec un changement comportemental des citoyens et la mise en œuvre de politiques publiques renouvelées et volontaristes.

A court terme, les leviers d’action opérationnels sont une évaluation systématique des gains et des impacts environnementaux des services numériques et une gestion plus durable des équipements : écoconception, réemploi, renouvellement moins fréquent, mutualisation les objets connectés, etc.

 

Cette page a été élaborée en partenariat avec Virtus Management

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Notes :

1Rapport Lean ICT : Pour une sobriété numérique, The Shift Project, octobre 2018

2Rapport d’information du Sénat Pour une transition numérique écologique, juin 2020

3Lecture en ligne et en continu de données multimédias, notamment vidéo, qui évite le téléchargement mais qui nécessite que les données soient stockées à distance et transportées en temps réel jusqu’à l’utilisateur.