Ville de Nîmes

Acteur

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Échelle de la collectivité :  39 communes
Nombre d’habitants :  260 000 habitants

Démarche mise en oeuvre

Date entretien : juillet 2022

  • Historique projet de plateforme de données

La démarche ville intelligente a officiellement été lancée en 2018 par la ville de Nîmes. Elle vient donner corps et du sens à des actions et politiques publiques mises en place de façon désordonnée, silotée.

La stratégie ville intelligente est portée par la ville de Nîmes et non par la métropole. Nous nous appuyons sur les infrastructures de la métropole. Nous souhaitons partir de l’existant pour le valoriser, le renforcer, sans dépenser trop d’argent ou créer un silo supplémentaire.

Le portage politique est fait par un élu en charge de la ville connectée (et de l’enseignement supérieur) côté ville de Nîmes.

Un état des lieux a d’abord été réalisé pour définir la ville intelligente à Nîmes. À cette occasion, nous avons identifié les outils, objets ou politiques publiques déjà mis en place par Nîmes, leur usage actuel et futur. Nous avons aussi identifié les possibilités pour mutualiser des outils.

Nous avons réalisé des ateliers avec les différents services métiers en interne pour identifier les enjeux et les actions envisageables pour y répondre. Les résultats ont été présentés au DGS. La feuille de route n’a pas encore été publiée (retard COVID) et s’adapte en fonction des actualités et besoins du moment, ce qui permet d’orienter nos actions au plus près des attentes et besoins des usager.ère.s.

Deux projets principaux ont permis de travailler avec les métiers :

  1. Déploiement d’une application mobile de service aux usagers (en fonction depuis février 2019)

L’objectif était de faciliter le travail des directions métier avec une entrée unique de l’information.

Nous avons signé un partenariat avec la région Occitanie pour traiter le volet open data avec data.occitanie. Cela nous permet de publier des données ou de les partager uniquement en interne agglomération mais aussi en externe dans le cadre de la politique d’ouverture des données. Nous avons intégré des données sur les commerces, les menus des cantines et toutes nos données SIG. Notre application mobile « Nîmes » récupère les informations de la plateforme open data. Le fournisseur d’application est LUMIPLAN et ce process pour récupérer et actualiser les données sur l’appli lui a été imposé par la Direction Numérique et la mission ville intelligente.

  1. Un projet de poste de pilotage centralisé de l’espace public ou hyperviseur (en réflexion depuis 2019 et qui doit être opérationnel en 2023)

Le projet prévoit de regrouper 6 services de la gestion de l’espace public (centre interurbain de vidéo protection, risque inondation, régulation du trafic, cellule signalement usager, poste de commandement de la police municipale etPC de crise). L’objectif est de partager les infos en temps réel entre les métiers pour mieux répondre aux crises, de répondre aux demandes urgentes des usagers et de passer d’un espace public vidéoprotégé à un espace public vidéo géré.

Nous travaillons actuellement sur l’architecture de la donnée. Nous avons une réflexion pour un bus de données.

Plus de 1000 caméras, toutes raccordées à la fibre, sont implantées sur le territoire de Nîmes Métropole (la moitié sur la ville de Nîmes). Nous les mobilisons actuellement pour d’autres usages que leur usage sécuritaire initial : pour produire des données de comptages et d’analyse des flux véhicules et modes actifs, pour fluidifier le trafic en temps réel. Nous avons un partenariat avec Waze pour récupérer des données sur la congestion du trafic sur le territoire. Nous pouvons détecter le stationnement illégal et les objets encombrants sur la voie publique. Nous avons travaillé sur la réalisation de tableau de bord pour chacune des directions métiers.

En 2019 nous avons d’abord réalisé une étude de faisabilité en interne pour la création d’un Centre de Pilotage avec l’idée de déployer des nouveaux usages non sécuritaires des caméras de vidéoprotection, mais la solution identifiée initialement était trop chère pour la collectivité (>1M€). Nous avons donc recherché d’autres solutions (et de nouvelles solutions ont émergé sur le marché). Pour ce faire, nous avons été accompagnés par le pôle de compétitivité OPTITECH qui a réalisé un benchmark pour trouver des solutions techniques et nous avons-nous-même, en interne (direction numérique et mission ville intelligente), réalisé un benchmark, sourcé des solutions qui répondaient à nos besoins et nos contraintes (notamment techniques, réglementaires, financières).

Aujourd’hui Nîmes a identifié les solutions techniques et le marché est lancé. Notre poste de pilotage centralisé sera inauguré mars 2023. Nous faisons actuellement le tour des directions métiers. C'est un équipement ville mais qui intègre le ciuvp (centre interurbain de vidéo protection) qui lui est un équipement agglo. Le projet a été présenté en conseil de maires.

Nous réfléchissons à la création d’un réseau LORA (projet porté par la direction du numérique). Nous testons actuellement des capteurs sur l’éclairage avec Bouygues. Nous déployons sur un petit périmètre du réseau LORA. Nous pensons louer le réseau LORA à des entreprises (comme pour la fibre).

Nous sommes également en réflexion sur un projet de jumeau numérique, mais nous n’irons que si nous trouvons un retour sur investissement (RIO).

  • Données

Dans le cadre la stratégie ville intelligente, nous avons constaté qu’il y avait de la donnée dans toutes les directions métiers mais qu’elles ne partageaient pas, qu’elle n’était pas valorisée voire que certaines directions n’avaient pas conscience de l’importance de cette donnée.

La Direction de la mobilité était déjà sensibilisée à la donnée mais d’autres directions comme l’eau ou le commerces n’étaient pas sensibles à la donnée, cette dimension étant moins dans leur ADN.

Il manquait également des clauses dans certaines DSP pour la récupération des données.

Le logiciel hyperviseur (OC vision) servait à la gestion des caméras mais pouvait faire beaucoup plus. La direction numérique avait anticipé des besoins futurs avec interfaçage possible avec logiciel avec API, et ou développements spécifiques (à demander).

L’hébergement des données est dans un data-center local (construit en 2019) qui se situe sur une des communes de l’agglo.

Les images caméras ne sont conservées que 15 jours mais le reste sur comptages piétons seront conservés plus longtemps.

  • Moyens humains et budget dédiés à la data

Mon poste de chargée de mission ville intelligente a été créé à la ville de Nîmes et est rattaché à la DGA. En fonction des projets je vais chercher les agents qui sont dans les directions métiers.

Un poste de chef de projet données existe depuis fin 2018 à la direction numérique. Il porte la démarche d’acclimatation sur le sujet de la donnée.

Notre poste de pilotage centralisé sera inauguré mars 2023 et intégrera les agents du centre de supervision urbaine mutualisé ville/agglo (l s’agit d’un équipement agglo qui travaille pour les 22 communes qui ont déployé des caméras et vont recevoir les alertes Un Centre de supervision urbaine existe depuis plus de 15ans vidéosurveillance et devait déménager, car ce service a beaucoup grossi (20 caméras à 1200 caméras).

Le projet d’hyperviseur a permis de proposer à l’agglo un déménagement. La ville s’est engagée à payer le déménagement.), les agents du PC de la police municipale, ceux du centre de régulation du trafic, de la cellule de gestion des inondations, de la cellule signalements usagers (en cours de création).

Un responsable du centre de pilotage a été recruté en juillet 2022 à la ville de Nîmes.

  • Organisation / Gouvernance

Le sujet de la Gouvernance des données n’est pas encore mature.

La ville et l’agglomération ont un service mutualisé de la donnée, via la direction numérique (qui est mutualisée).

Il y a deux DPO : un à la ville et un à l’agglomération. Ils sont rattachés chacun à deux directions générales différentes. En fonction des projets nous associons le plus tôt possible les DPO concernés (par exemple pour le floutage des images caméra en conformité avec la CNIL). Les DPO sont des agents internes.

La direction numérique dans la Direction Générale du développement du territoire. Cette direction est mutualisée entre ville et agglomération.

2 gros pôles sont identifiés : un pôle Hard (infra), un pôle usage et soft (SIG, la stratégie data…)

Notre démarche projet est toujours réalisée avec des ateliers de co-construction pour recueillir les besoins et contraintes des directions métiers dans un objectif d’accompagnement au nouveau mode de faire.

Nous partons du besoin métier qui émerge. Nous constituons une équipe projet de 2 ou 3 personnes avec un binôme qui les accompagne : chef de projet direction numérique pour les aspects techniques/ chargée de mission smart city pour les aspects fonctionnels/usages. Nous testons d’abord à petite échelle puis nous déployons sur l’ensemble de l’agglo si intérêt.

  • Points de vigilance identifiés / facteurs clés de succès

Il faut favoriser le dialogue et l’acculturation en adoptant un discours qui est pas trop technique et

montrer que ce travail sur la donnée va leur servir et faciliter le travail de chacun. Il faut réussir à embarquer les agents dans les projets, les accompagner au changement et ne pas les brusquer. Il ne s’agit pas de remettre en cause les modes de faire mais de les faire évoluer pour le bien de tous.

Dans le cadre de chaque nouveau marché, il ne faut pas oublier les clauses et les aspects réglementaires. Nous avons des ratés sur certains marchés. Ça peut arriver.

Contact : Sylvaine Lobry, Chargée de mission ville intelligente, Ville de Nîmes

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