Effectuer une recherche sur le site

Smart city : des enjeux politiques au-delà de la technologie


La collecte massive de données fait émerger de nouveaux enjeux pour les collectivités. La manière d'y répondre constitue pour elles un potentiel de différenciation, et les leviers d’action sont politiques avant d'être technologiques.

Infographie Smart city : des enjeux politiques au-delà de la technologie

Egalité des chances et protection des libertés individuelles

Malgré l’explosion de l’équipement numérique des ménages observé ces dernières années, le numérique est générateur de fractures, qui menacent l’égalité des chances. En effet, les attentes des habitants évoluent, mais de manière différenciée : des fractures se créent entre les personnes disposant d’une bonne connexion, des bonnes compétences et des équipements nécessaires et ceux qui en sont dépourvus. Il faut pourtant répondre aux besoins de l’ensemble de la population.

Pour ce faire, des dispositifs de médiation numérique se développent. Des alternatives humaines aux services numériques ne doivent pas être négligées, de manière à assurer une qualité de service homogène à tous les habitants en fonction de leurs capacités.

De plus, les services numériques reposent sur l’exploitation des données personnelles de leurs utilisateurs. Ils sont régis par des algorithmes dont l’élaboration n’est pas nécessairement transparente ni soumise à un contrôle démocratique. Il faut donc autant que possible protéger les libertés individuelles des habitants. En ce sens, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) est une source de progrès, en responsabilisant davantage les collectivités et autres acteurs détenteurs de données personnelles.

 

Souveraineté territoriale

La puissance publique n’ayant pas le monopole des services ni celui des données sur son territoire, la stratégie de développement territorial lui échappe en partie. En effet, au quotidien, certains services tels que des calculateurs d’itinéraires collaboratifs influencent davantage le comportement des usagers que les gestionnaires de voirie. C’est le modèle des plateformes numériques, dont les plus influentes sont détenues par des géants du numérique américains, les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).

La loi pour une République numérique a équilibré le rapport de force avec les délégataires de service public en les obligeant à transmettre les données d’intérêt général aux collectivités. Cependant, les données générées en dehors de ce cadre ne sont encore accessibles à la collectivité que par la voie d’un partenariat avec les acteurs qui les détiennent.

 

Sécurité et impact environnemental

Le numérique n’est pas nécessairement sûr ni sans effet sur l’environnement. En effet, des pannes électriques, des attaques malveillantes ou des atteintes physiques aux infrastructures peuvent menacer l’intégrité, la confidentialité et la pérennité des services et des données, qui peuvent être sensibles.

Le numérique n’est pas non plus neutre pour l’environnement : il consomme en effet de l’énergie, notamment pour le stockage massif des données en data centers et le fonctionnement des appareils. De plus, la fabrication des nombreux appareils numériques nécessite des matériaux rares, dont la production est polluante.