Réemploi des équipements d’éclairage public - Sigerly
Le Cerema accompagne le SIGERLy dans la structuration d’une filière et le prototypage d’une plateforme
Comment faire entrer les mâts et équipements d’éclairage public dans une logique de seconde vie, de façon sûre, traçable et reproductible ? Le SIGERLy expérimente une démarche de réemploi à l’échelle de son territoire, avec l’appui du Cerema, de la FNCCR, du SERCE et des entreprises de la filière. L’objectif : construire progressivement une organisation et des outils susceptibles d’être déployés dans d’autres territoires.
Du cycle linéaire à la seconde vie des équipements
Le renouvellement des installations d’éclairage public génère des équipements déposés — mâts, luminaires et composants associés — dont certains peuvent encore présenter un potentiel de réemploi. Or, faute de processus partagé, de données suffisamment structurées et d’une organisation adaptée, ces équipements sont aujourd’hui le plus souvent orientés vers le recyclage ou l’élimination.
Le réemploi suppose pourtant de maîtriser l’ensemble d’une chaîne d’opérations : dépose sans détériorer l’équipement, identification et qualification de son état, stockage, reconditionnement, traçabilité, transfert entre maîtres d’ouvrage et repose sur une nouvelle opération. Il soulève également des enjeux de sécurité, de conformité, de responsabilité, de logistique, de commande publique et de modèle économique.
C’est pour répondre à ces enjeux que le SIGERLy a engagé une expérimentation de réemploi des équipements d’éclairage public. Cette première phase vise à éprouver, en conditions réelles, les modalités d’organisation d’une filière qui soit à la fois fiable pour les collectivités, opérationnelle pour les entreprises et suffisamment robuste pour être reproduite dans d’autres contextes territoriaux.
Une démarche partenariale
La démarche est portée conjointement par le SIGERLy, la FNCCR, le SERCE, le Cerema et plusieurs entreprises de la filière. Elle associe ainsi les maîtres d’ouvrage publics, les acteurs de l’ingénierie, les entreprises d’intégration, de logistique et de reconditionnement, ainsi que les partenaires mobilisés pour le passage à l’échelle.
Le projet ne se limite pas à la remise en circulation d’équipements. Il vise à construire les conditions d’une véritable boucle de réemploi, dans laquelle chaque acteur intervient à son niveau :
- Les collectivités et syndicats d’énergie identifient les projets, les gisements disponibles et les besoins d’équipements.
- Les entreprises assurent les prestations nécessaires à la seconde vie des équipements : dépose, diagnostic, transport, stockage, reconditionnement, repose et maintenance.
- Les équipements peuvent circuler entre maîtres d’ouvrage dans le cadre d’un don, la valeur économique reposant sur les services techniques et logistiques qui accompagnent leur réemploi.
- Les partenaires nationaux capitalisent les retours d’expérience afin de produire des méthodes, référentiels et outils partagés.
La phase pilote conduite sur le territoire du SIGERLy a ainsi vocation à alimenter une dynamique nationale. Il ne s’agit pas de reproduire strictement un modèle local, mais d’identifier ce qui peut être transféré, les adaptations nécessaires selon les territoires et les conditions de déploiement d’un modèle de réemploi à plus grande échelle.
Le rôle du Cerema
Le Cerema accompagne le SIGERLy dans la conception du dispositif numérique destiné à soutenir la filière de réemploi. Son intervention part des pratiques concrètes des acteurs et des situations rencontrées sur le terrain : préparation d’un projet d’aménagement, dépose d’un mât, pré-tri entre réemploi et recyclage, qualification détaillée des équipements, stockage, recherche d’un gisement ou suivi du dispositif par le maître d’ouvrage.
Cette approche a notamment conduit le Cerema à animer des ateliers de travail associant les parties prenantes du projet. Ces ateliers ont permis de :
- Identifier les parcours utilisateurs et les interfaces nécessaires pour les techniciens du SIGERLy, les intégrateurs, les reconditionneurs, les acteurs du stockage et les responsables de pilotage.
- Préciser les fonctionnalités attendues selon chaque cas d’usage : déclarer un équipement, qualifier son état, rechercher un mât disponible, préparer un devis de reconditionnement ou piloter les flux.
- Recenser les données nécessaires au réemploi, notamment les caractéristiques techniques des mâts, leur localisation, leur état, leur historique, les informations de traçabilité et les éléments utiles à leur qualification.
- Analyser les sources de données existantes, telles que les dossiers des ouvrages exécutés, le système d’information géographique du SIGERLy, les fiches d’inventaire ou les informations détenues par les fabricants et intégrateurs.
- Définir un périmètre fonctionnel opérationnel pour le prototype, en recherchant des solutions simples à utiliser sur le terrain et limitant les doubles saisies.
Le Cerema contribue également à la structuration d’un modèle de connaissance, accompagné d’un dictionnaire de données. Cette étape est déterminante pour décrire les équipements de manière homogène, fiabiliser les échanges d’information entre les acteurs et assurer la continuité de la traçabilité tout au long de la vie — puis de la seconde vie — d’un équipement. Le travail se poursuit par l’identification d’une solution appropriée et le prototypage des interfaces dédiées.
MATEUS, un outil commun
La plateforme expérimentée dans le cadre du projet, baptisée MATEUS pour « Mâts et équipements urbains de seconde vie », a vocation à devenir un outil commun au service de la filière.
Elle doit permettre de rendre visibles les équipements disponibles, de caractériser les gisements, d’exprimer les besoins, d’enregistrer les données techniques, de tracer l’origine et le devenir des équipements, puis d’organiser leur réservation et leur réaffectation. Elle constitue ainsi un support de coordination entre collectivités et entreprises, sans se substituer aux responsabilités techniques, contractuelles et opérationnelles des parties prenantes.
L’enjeu est de rendre le réemploi plus lisible et plus simple à intégrer dans les projets d’éclairage public. Pour un maître d’ouvrage, la plateforme doit aider à identifier les équipements réemployables et les besoins à couvrir. Pour les entreprises, elle doit faciliter l’accès aux informations nécessaires au chiffrage, au reconditionnement et à la logistique. Pour la filière dans son ensemble, elle doit fournir une base de données et de retours d’expérience permettant d’améliorer progressivement les pratiques.
Vers un modèle national
L’expérimentation engagée par le SIGERLy constitue une première étape. Elle a déjà permis d’identifier des sujets structurants : critères de qualification des mâts, disponibilité et qualité des données, conditions de stockage, partage des rôles entre acteurs, adaptation des marchés, gouvernance du dispositif et suivi d’indicateurs de réemploi.
La suite de la démarche repose sur l’essaimage vers des territoires pilotes aux profils variés : métropoles, syndicats d’énergie, territoires urbains ou ruraux, collectivités disposant d’un patrimoine important ou souhaitant faire leurs premiers pas dans le réemploi. Chaque expérimentation contribuera à tester la transférabilité des méthodes, à consolider les référentiels techniques et organisationnels, et à éprouver la plateforme MATEUS dans de nouvelles situations réelles.
En accompagnant le SIGERLy dans cette démarche, le Cerema met son expertise en ingénierie territoriale, en données, en interopérabilité et en conception de services numériques au service d’un enjeu concret d’économie circulaire : faire du réemploi des équipements d’éclairage public une pratique organisée, sécurisée et progressivement accessible à tous les territoires.
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Appel à manifestation d’intérêt — Devenez territoire pilote pour expérimenter le réemploi dans l’éclairage public
Le SIGERLy et ses partenaires recherchent des collectivités, métropoles et syndicats d’énergie volontaires pour expérimenter tout ou partie de la démarche : dépose préservante, qualification, stockage, reconditionnement, réaffectation ou usage de la plateforme MATEUS.
La date limite de manifestation d’intérêt est fixée au 26 septembre 2026.