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Les 4 piliers d'une stratégie smart territoire

L’essor du numérique a fait émerger une offre foisonnante de produits et services à destination des collectivités, dont la pertinence n’a pas toujours été confirmée par les usages. Mais pour les territoires, l’enjeu ne se limite pas au choix des dernières innovations technologiques proposées sur étagère. Les arbitrages à prendre sont avant tout d’ordre politique.

Pour s’assurer de faire les bons choix, il convient de se doter en amont d’un projet global de territoire qui réponde à ces enjeux, en tenant compte des priorités politiques et des spécificités locales, sans chercher à reproduire des modèles qui ne seraient pas nécessairement adaptés. Ce projet doit être construit avec les habitants et les forces vives pour identifier leurs besoins et favoriser leur implication dans sa mise en œuvre.

 

1. Favoriser l'implication des habitants dans la vie publique

Associer les habitants aux décisions qui les concernent permet de mieux répondre à leurs besoins et d’augmenter leur adhésion et leur implication dans les projets de la collectivité. Cela consiste à leur reconnaitre une « expertise d’usage », et ce dès la phase d’élaboration d’un projet de territoire. Ensuite, il s’agit d’établir une relation de confiance dans la durée avec les habitants, en étant transparent sur les finalités et les suites données à chaque sollicitation.

Le choix d’outils numériques de participation citoyenne doit intervenir dans un second temps, et être cohérent avec les ambitions et la méthode définis en amont. Par ailleurs, si de tels outils permettent a priori de diversifier les profils des participants et d’intensifier leur engagement, il faut rester vigilant quant à la représentativité effective par rapport à l’ensemble de la population.

Des politiques publiques collaboratives incitent également les habitants à œuvrer pour l’intérêt général, en leur permettant par exemple de végétaliser eux-mêmes des portions d’espace public.

2. Simplifier la vie des habitants

Les services publics numériques simplifient la vie des habitants : démarches administratives en ligne accessibles 24h/24, informations en temps réel (piscine, bibliothèque, transports, etc.), cartes multiservices, remontée de signalements, etc. Leur développement et leur pilotage impliquent une réorganisation des services pour permettre la transversalité et pour gérer efficacement les flux d’informations.

Ce type d’investissements n’apporte pas de retour sur investissement direct, mais plutôt une image positive liée à la qualité de service. Le gain socio-économique dépend alors du nombre d’utilisateurs effectifs des services. Pour que ces services puissent bénéficier à tous, il faut conserver des alternatives humaines et accompagner les personnes vulnérables.

Pour réduire l’investissement public, la collectivité peut par ailleurs encourager l’émergence de services développés par des tiers, par exemple en libérant des données publiques. Il faut toutefois rester vigilant quant au niveau de régulation nécessairement plus faible que cette formule permet.

3. Optimiser la gestion des réseaux

Des données en temps réel peuvent être collectées sur les réseaux d’eau, d’électricité, d’éclairage ou de transport via la pose de capteurs (Internet des objets). Ces données permettent ensuite d’optimiser la gestion énergétique des bâtiments et de l’éclairage publics, de repérer plus rapidement les fuites d’eau, etc. Même si le marché des technologies n’est pas encore stabilisé, les premières expériences montrent des temps de retour sur investissement de quelques années seulement.

Cependant, ces chiffres dépendent fortement des performances initiales des réseaux, dont la simple rénovation suffit parfois à engendrer des économies de fonctionnement.

Pour aller plus loin, des partenariats peuvent être noués pour accéder à des jeux de données détenus par des entreprises. Attention toutefois à la dépendance de politiques publiques basées sur des données d’origine privée, dont la fiabilité et la disponibilité sur le long terme ne sont pas maîtrisées.

4. Gérer et valoriser les données du territoire

L’ouverture des données publiques (qualité de l’air, menu des cantines, horaires des services, etc.), mais également l’accès aux données détenues par les entreprises (déplacements, consommations d’énergie, etc.) ou remontées par les habitants (signalements, avis, etc.), constituent une richesse pour un territoire. Toutes ces données contribuent en effet à son développement : aide à la décision, efficacité, meilleure information des habitants, création de valeur grâce aux croisements et à l’intelligence artificielle, etc.

Depuis l’animation des réutilisateurs de données publiques jusqu’à la constitution de plateformes de données partenariales ou d’hyperviseurs centralisés, différents niveaux d’ambitions peuvent constituer une stratégie de gestion de la donnée territoriale.

Cela implique cependant une restructuration des systèmes d’information de la collectivité et l’acquisition de nouvelles compétences.

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